"Tsunami"
Tsunami
De Jean-François Gallois, et Daniel Maître
Cet ouvrage offre une perspective poignante sur les impacts du tsunami à travers les yeux des personnes qui ont rapporté ces événements traumatisants.
26 décembre 2004... Le monde se réveille doucement d’un lendemain de fête. Au journal de la mi-journée, on nous parle d’un tremblement de terre au large de l’Indonésie, qui aurait provoqué un tsunami. Mais ce n’est qu’au fil des heures que l’on va petit à petit prendre conscience de l’ampleur de la catastrophe, et que le nombre des morts et des disparus ne va cesser d’augmenter, pour atteindre l’inimaginable bilan, plus de 220 morts.
D’abord les chaînes de télévision nous passent en boucle des films et photos d’amateurs, réalisés principalement par des touristes. Pixellisés et parfois à peine lisibles, mais qui traduisent bien la violence de la vague qui balaye tout sur son passage. Déjà, les photographes professionnels s’organisent. Ceux qui sont basés à Bangkok seront les premiers à arriver à Phuket. Patrick de Noirmont, et tant d’autres. Le 26 décembre au soir, j’arrive à joindre Patrick de Noirmont Nous nous inquiétons, parce que nous savons que deux amis communs étaient à Phuket. Patrick me rassure, mais par contre, il me décrit tout ce qu’il voit, et m’avoue qu’il a rarement été confronté à une
situation aussi épouvantable. Les corps qui flottent, l’odeur pestilentielle, l’inorganisation des premières heures. .. Pourtant Patrick a été confronté à de nombreuses situations difficiles.
Quelques mois après la catastrophe, si Phuket a retrouvé un visage à peu près normal, les choses sont loin d’être aussi évidentes en Indonésie, en Inde, ou au Sri Lanka.
Forcément, certains n’ont pas manqué de polémiquer sur la violence des images. Nous n’entrerons pas ici dans ce débat… Comment, en effet, serait-il possible de montrer les effets d’une telle catastrophe sans montrer des corps, des larmes, des gens qui souffrent, qui hurlent ou qui pleurent ?
Il faut regarder ces photos. Elles sont souvent dures, c’est vrai. Mais nous avons le « devoir de voir Les photojournalistes, en Asie, ont été nos yeux, nos témoins. Ici, comme ailleurs, leur travail est important, nécessaire, indispensable. Il y a quelques années, un homme politique disait que la photo est le dernier rempart contre l’indifférence, et l’oubli. Personne n’a jamais rien dit de plus sensé.
Jean-François Leroy
Directeur, cofondateur de « Visa pour l’image
Festival international de photojournalisme de Perpignan


